Introduction
Au cours du mois de février 2026, le Sénégal a traversé un épisode de poussière particulièrement marqué, dont le point d’orgue a été atteint au milieu du mois. Ce phénomène a été mesuré par le réseau de micro-capteurs de qualité de l'air déployé par Kaikai. Installé depuis 2025 dans des établissements scolaires et diverses infrastructures publiques dans le cadre du projet de surveillance de la qualité de l’air porté par Kaikai , ce dispositif permet de surveiller les concentrations de particules fines à l'échelle locale et nationale. L'analyse suivante s'appuie sur les données recueillies entre du 1er février au 1er mars 2026.
Dynamique spatiale de l’épisode de poussière à l’échelle du Sénégal
Afin d'obtenir une vision globale de l'événement, plusieurs sites stratégiques ont été sélectionnés, allant de Richard-Toll au nord jusqu'à Ziguinchor et Bignona au sud, en passant par l'axe Dakar-Thiès.
L'observation des relevés révèle une séquence temporelle identique sur l'ensemble du territoire. Après un début de mois caractérisé par des niveaux modérés, une hausse progressive s'est manifestée dès le 14 février. Cette montée en puissance a culminé par un pic de pollution généralisé les 16 et 17 février, avant d'amorcer une décrue progressive. Cette parfaite simultanéité entre des régions pourtant éloignées confirme qu'il s'agissait d'un épisode de poussière d'envergure nationale.
Analyse région par région
Nord : Saint-Louis et Richard-Toll
À Saint-Louis (École Goxu Mbacc 2), les concentrations journalières atteignent un pic d’environ 50 µg/m³ le 16 février, contre des valeurs oscillant généralement entre 15 et 35 µg/m³ en début de mois. À Richard-Toll (École Élémentaire Ndiangué), le pic est encore plus marqué, avec des valeurs atteignant environ 65 µg/m³ le 16 février. La moyenne mensuelle y est d’environ 20–21 µg/m³.
Sur ces deux sites, la hausse est visible dès le 15 février, confirmant l'entrée du panache de poussière par le nord du pays.
Centre Ouest : Thiès et Diourbel
On note ici un léger décalage avec les sites du nord : les concentrations maximales y sont mesurées entre le 17 et le 18 février, suggérant un déplacement de la vague de poussière du nord vers le sud.
Ouest: Dakar
À Dakar (École Elhadj Mbaye Diop de Ouakam), les concentrations journalières avoisinent généralement 15 à 25 µg/m³ en début de mois puis un pic à 50 µg/m³le 17 février. Sur le second site observé à Dakar (Groupe Scolaire Asselar) le pic intervient aussi le 17 février mais avec une valeure journalière moyenne dépassant les 60 ug/m3.
La hausse y est nette et synchronisée avec les régions du centre Ouest.
Sud: Ziguinchor
A Ziguinchor (Lycée Djignabo) Nous avons un pic à 58 µg/m³ le 17 février , au niveau de l’Aéroport de cap skiring nous observons un pic le 17 février à 50µg/m³ le même jour.
Contrairement aux régions du nord, la zone de Ziguinchor a enregistré ses plus hauts niveaux de concentration entre le 17 et le 18 février, avant d'amorcer une décrue le 19. Ce décalage suggère une progression de la poussière du centre vers le sud du pays. Cette hypothèse semble d'ailleurs confirmée par l'épisode du 1er mars : alors que le pic s'est manifesté dès les 27 et 28 février dans les régions septentrionales comme Richard-Toll et Saint-Louis, il n'a atteint les autres localités que plus tard.
Cohérence avec le Bulletin Poussière de l’ANACIM
Le 14 février 2026, l’ANACIM publiait un Bulletin Météo Spécial annonçant l’arrivée d’une couche dense de poussière affectant progressivement le territoire du 14 février au 17 février à 12 heures . Le bulletin précisait que les localités du nord seraient affectées en premier, avant propagation vers le centre, l’ouest et le sud. Les mesures du réseau de microcapteurs de kaikai s'accordent parfaitement avec les prévisions officielles. La concordance entre les alertes météorologiques et les mesures en temps réel du réseau Kaikai vient renforcer la crédibilité du réseau de microcapteurs à mettre en exergue les phénomènes de pollution au niveau national.
Conclusion
L’épisode de poussière observé entre le 14 et le 17 février 2026 constitue un cas d’étude illustrant la manière dont un événement météorologique se traduit en concentrations mesurables de particules fines à l’échelle locale.
Les données issues du réseau de micro-capteurs déployé par Kaikai montrent une dynamique cohérente du nord au sud, avec des pics atteignant localement environ 70 µg/m³ et une décrue progressive après le 17 février.
Cette analyse région par région met en évidence l’intérêt d’un réseau distribué pour compléter la compréhension des dynamiques atmosphériques et renforcer la culture de la donnée environnementale.